Elle disait et elle se savait un peu livresque: — J'aime le peau à peau, car en prolongeant les corps il prolonge les âmes.
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Je voulais me faire des souvenirs [...] Or la mémoire a des limites. Alors, j'ai voulu les fixer ...
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À lire aussi de Anne Bernard
J'ai toujours pensé qu'il fallait être léger l'un à l'autre. Quand l'un commence à devenir un poids, mieux vaut se séparer.
Au grenier, les lucarnes découpaient dans les murs des rectangles lumineux. Selon l'angle d'où je les regardais, ils changeaient de couleur. Allongée, ils étaient bleu-ciel; vert-feuille; debout, blancgravier-de-jardin. La lucarne arrière, c'était mon tableau de maître. Il existe des tableaux pivotants, des tableaux que l'on peut mettre la tête en bas, d'autres dont on fait varier l'inclinaison. Celui-là, sans y toucher, changeait du matin au soir.
La musique est en moi. Je la sens partout à la fois. Serait-elle un fluide mystérieux doué d'ubiquité ou un philtre magique que l'ouïe absorbe pour la dispenser dans toutes les cellules et nous apporter l'évasion.
Je voudrais tellement ne jamais te débiter de banalités. - — Mais non, Simon, les banalités, c'est lorsque les mots sont faux.
Dans la même œuvre
Je voulais me faire des souvenirs [...] Or la mémoire a des limites. Alors, j'ai voulu les fixer sur du papier. J'ai écrit des mots, des phrases,j'ai pris des notes. [...]Quand j'ai voulu les retrouver, ils m'ont trahie. Figés dans leur carcan d'encre et de papier, ils n'évoquaient rien.